Le monde n’est qu’énigme. Un abîme sépare comprendre de croire comprendre, mais le plus souvent je me contente de croire comprendre, ce qui constitue, selon Valéry, le péché mortel de l’esprit. Croire comprendre est reposant. J’ai fait effort pour arriver au sommet, je souffle, j’arrête de faire usage de mes forces, mais le brouillard m’a fait croire que c’était le sommet, en réalité, il est au-delà. Bien au-delà.
Quand le brouillard se dissipe, j’entrevois les difficultés inhérentes à ma progression.
J’accorde que la métaphore est quelque peu éculée, mais quand vous etes dans le brouillard, vous plongez dans l’énigme du monde…
A vrai dire, il y a deux sortes de brouillard. Celui dans lequel ceux qui m’y ont plongé pensaient sûrement en tirer des intérêts de natures fort diverses et l’autre qui n’est du qu’aux limites de mes capacités.
Faut-il se méfier des autres ? Certes non, mais il vaut mieux se situer dans les rapports de force qui ont peu à peu construit la société dans laquelle nous vivons. Savoir qu’il y a des millénaires, il y avait les guerriers prédateurs, les prêtres et les gens du commun qui grattaient la terre. Quand la démocratie arrive, les guerriers pillards s’étaient depuis longtemps emparé de la terre et des richesses qu’elle contient. L’héritage a renforcé tout cela, soutenu par les intérêts, interdits jadis par les religions. Les bourgeois « révolutionnaires », mais déjà capitalistes, ont remplacé la force par l’argent. Les prêtres se sont mis du bon coté, les gens du commun se sont divisés en entrepreneurs et travailleurs. Il reste les capitalistes qui font fructifier de façon éhontée leur capital, les chefs d’entreprise, les plus gros, en profitent, quant aux travailleurs, les mieux dotés ont juste de quoi vivre. Les capitalistes alliés aux entrepreneurs font les lois et les systèmes fiscaux qui renforcent leurs richesses, partant, leur pouvoir. Ils répandent sur les travailleurs un brouillard subtil et efficace pour les persuader qu’ils oeuvrent dans leur intérêt, et, qui plus est, au nom de la morale républicaine ! Les travailleurs qui restent dans le brouillard votent pour eux. D’une certaine manière, c’est beau comme l’antique…Salut les artistes !
L’autre brouillard c’est autre chose. Ma présence au monde et ce que je suis venu y faire n’est pas tout à fait une mince affaire. Je viens de lire quelque part que pour celui qui n’a qu’un marteau, tous les problèmes prennent la forme d’un clou. C’est exactement ça. Pour comprendre le monde, un marteau ne suffit pas, même si pour les répandeurs du premier brouillard cela suffit largement. Je me construis des bazars impossibles pour aller un petit peu plus loin dans la résolution de l’énigme, mais à chaque fois je m’aperçois que je n’ai pas résolu grand-chose.
C’est peut-être cela vivre.
Jean Claude Simon
| Décembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
Commentaires