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Mercredi 29 août 2007
      

Qu’exprime un visage ? Que veut-il ou peut-il nous dire ? Que nous cache-t-il ? Que s’efforce-t-il de nous montrer ? On répond, sans même s’en rendre compte, en croisant une personne inconnue dans l’instant oubliée ou dont la forme, l’expression du visage retient quelque temps notre attention pour une infinité de raisons, de notre ciel à nos abysses, ou, plus simplement, à cause d’une ressemblance qui fait ressurgir un passé enfoui qui, sans cela, appartiendrait définitivement au néant.

          Répondre par l’image est l’art subtil du portrait.

          Parmi les photographies ( gare à la rentrée ! ) en nombre en croissance « numériquement » exponentielle, comptons sur le hasard si on écarte les « maîtres » : il y a bien quelquefois des gagnants au loto !

          Reste la peinture et les graphismes divers.

          En batifolant dans le Sud-Ouest, j’ai retrouvé Albi avec des souvenirs de plus d’un demi siècle et, en particulier, Toulouse-Lautrec dont la plus grande collection d’œuvres au monde couvre les murs du musée éponyme dans le palais de la Berbie, aux pieds de l’écrasante, lourde et majestueuse cathédrale Sainte Cécile.

          De ses cartons peints à l’huile, la vérité jaillit, féroce et bienveillante, nul sourire sur ces visages pris dans la vie, des hauts de forme au bidet, du bois au bordel ( dire « maison ), nul artifice des corps. Le sérieux absolu, opposé aux faux qui masquent le plus souvent le vide des pauvres primates que nous sommes. Sérieux assumé avec une dignité parfois déchirante tant on ne peut compter que sur soi. Aristocrate, putain, cocher, soularde, artiste, grande dame, danseuse, prolétaire partagent, pour une fois équitablement,  la condition humaine qui, comme nous le savons, s’avère généralement d’une extrême drôlerie.

          J’eusse aimé que Bernard de Castanet, le puissant prélat qui fit entreprendre en 1282 la construction de la cathédrale Sainte Cécile, ce plus grand empilement de briques qu’il y  ait au monde ( avant Bill Gates ) eût été croqué in vivo par son futur illustre paroissien pour voir ce qu’aurait dit le visage de ce, si on peut  dire, « pipole »de l’époque, chef, avec d’autres braves gens ejusdem farinae, de si  plaisantes croisades contre les Albigeois…

          Toulouse-Lautrec aurait été bien embarrassé de peindre le Jugement dernier qui couvre 300m2 sur le mur qui ferme la nef de la cathédrale vers l’occident : les supplices que les hommes s’infligent eux-mêmes lui suffisaient sans doute…

          Ce Jugement présente avec une précision infinie les éternelles souffrances des damnés qui auront succombé aux sept péchés capitaux ( essayez de vous les rappeler ! ) : il fallait garder cela dans la mémoire des hommes . L’évêque Louis d’Amboise fit exécuter cette oeuvre vers 1495-1500 par des artistes inconnus dont la manière évoque les maîtres flamands. Ce prélat, conseiller du roi, en précurseur de l’état moderne n’ignorait pas, de surcroît, que la peur est un puissant adjuvant du pouvoir. L’Etat moderne a fait, depuis, de grands pas en avant…  

 

 

           Au dessus des damnés :

 

 

           «  Et je vis les morts, grands et petits, debout devant le trône ; et les livres furent ouverts ; et un autre livre fut ouvert qui est l’arbre de vie ; et les morts furent jugés sur ce qui était écrit dans les livres, selon leurs œuvres » Apocalypse ( 20, 12 )

 

           Je me demande, par moment, quand je vois ce que je vois et quand j’entend ce que j’entend si, finalement, ça ne serait pas plus mal !

 

 

 

 

           J.C.S

         

 

 

 

 

 

 

 

           

           

 

 

             

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Jean Claude Simon - Publié dans : jeanclausim
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Lundi 30 juillet 2007

  Faire, vous me la baillez belle ! Je n’ai pas que cela à faire… Faire un traité savant sur la culture des fuchsias et passer dix ans sur ce digne arbrisseau de l’ordre des Onagrariées, faire sa sieste,  faire en sorte de réduire le paupérisme de 0,037% ce qui représenterait actuellement un bel effort, faire risette, faire pipi, faire flèche de tout bois, faire amende honorable ( de lapin), faire un retour sur soi, sorte de virement de bord lof pour lof de la conscience quand elle existe, faire catleya pour les amoureux de Proust, faire un tabac, faire la grève sans gêner personne, ( se ) faire hara-kiri ( rira bien le dernier ), faire trempette, faire un projet ( cela ne coûte pas grand chose ), faire un bide, faire le grand écart, faire toute une histoire, faire un fer de lance, à repasser, à cheval, faire un écart qui peut être grand, faire la gueule, faire un double saut périlleux carpé, faire bombance, faire le tour de la terre, faire traduire ce que l’on ne comprend pas ou que l’on ne veut pas comprendre, faire le complément…à vous de choisir de quoi, faire un compliment…cela ne coûte pas cher et peut rapporter gros, faire le ménage, faire les gros yeux, faire rendre à César ce dont il se fout complètement, faire de sa vie…ce que l’on veut ou ce que l’on peut ? Faire semblant, faire un rapport, faire un cadeau que l’on n’a pas fait, faire de la peine, faire le poirier, faire envie plutôt que pitié, faire le Zouave, faire les pieds au mur, faire le pont du Gard avant le pont de l’Ascension, faire la belle ou le beau, faire des frites, faire un constat, faire le plein, faire la fête, faire comme si de rien n’était, faire les frais de…faire le con, faire faire, faire le fier, faire comme si l’on avait rien vu, faire escale, faire l’andouille, faire le dos rond, faire des affaires, faire l’idiot, faire un bout de chemin…on ne sait jamais…faire l’âne pour avoir du son, faire l’inventaire, faire des pieds et des mains, faire comme si de rien n’était, faire des mines, faire dans son froc, faire les pieds au mur, n’en faire qu’à sa tête, faire attention surtout !

Faire l’innocent, faire justice, faire l’important, faire l’appoint, faire la noce, faire le trottoir, faire l’impasse sur ce qu’on ignore, faire le matamore, faire les soldes, faire l’ignorant surtout si on sait, faire le sourd surtout si l’on entend, faire dans toute la mesure du possible, faire son cours mais pas trop long, faire des avances en étant prêt à reculer.

        Faire part…Faire ses besoins, faire dans la dentelle ( pour les riches ), ne pas en faire une affaire, faire bouillir, faire mine de rien, ne pas en faire un plat, faire le dos rond, faire la gueule, faire sa pelote, faire son beurre, faire le mort au bridge ou ailleurs…

        Faire, faire, faire…

 

 

 

        Faire la sourde oreille : c’est les vacances, n’est-ce pas merveilleux de ne rien faire de tout cela ?

 

 

 

 

 

 

                J.C.S

Par Jean Claude Simon - Publié dans : jeanclausim
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Samedi 21 juillet 2007

           J’ai retrouvé la mer avec plaisir, un plaisir d’enfant, l’enfant que j’étais qui rêvais, dans son Berry natal, d’être marin…La mer n’était pas accueillante, mais elle n’est pas faite pour ça. Elle est là pour nous éprouver, pour nous tendre un miroir dans lequel nous nous verrons tels que nous sommes…De temps en temps, elle en fait un peu trop, elle joue au dragon qui fait siffler les drisses, qui les claque de colère le long des mâts, mais la chaleur du carré débordant d’amitié rassure, les rires énormes chassent le dragon et, demain, à nous deux l’océan…

         Mon démarrage ne fut pas tout à fait aussi pimpant. De mousse-lest, j’avais été promu, grâce à la théorie, « responsable V.H.F » de notre digne armada. Cette foutue théorie ignore roulis et tangage. No comment. La V.H.F était en bas, parfaite pour les communications à quai, c’est ce qu’avait escompté, malheureusement à mon insu, mon système nerveux central. La solidarité du bord jouant à plein, comme à l’accoutumée, je rendis, dans une relative dignité, mon tribut à Neptune…J’avais commis l’énorme erreur de rester gelé comme un rat, racafougné dans un coin du cockpit : voilà une bonne leçon !

        A partir de là, une joie profonde comme la mer d’être bien dans les éléments vivifiants, au rythme des vagues, avec parfois, de soudaines syncopes, des allegros, des crescendo, un pianissimo fugace avant un puissant vivace… Après mon retour, en écoutant le quatuor N°9 en ut majeur de Beethoven, je batifolais dans des espaces inconnus, lorsque je me suis retrouvé en pleine mer sur le Brava avec un vent de force 6 au moins et qui s’enflait…j’étais emporté par la grande fugue du dernier mouvement «  allegro vivace », fugue à quatre voix dont le rythme n’admet aucun répit, aucune faiblesse, aucun repos, on est dans le paroxysme…plus elle va, plus elle est effrénée. Soudain, les voix éclatent dans un fantastique silence, on est au sommet de la vague, on va plonger au moins à 20 nœuds…un dernier crescendo deux accords brusques, c’était fini. Dommage.

        La prochaine fois, on ne prendra pas de ris !

        En tenant la barre on est comme imprégné par cette puissance avec laquelle on essaie de jouer au mieux, quel bonheur de prendre bien la vague et de « comprendre » le bateau ! Les muscles en gardent une sorte d’intelligence et l’esprit un calme souverain…Mais ne pas trop rêver quand même, comme dit le Chef, une garcette à la main « Regarde pas les sirènes !!!  Ton cap ! Ton cap !... »

        Souvenir du très fort courant de marée dans l’entrée du golfe du Morbihan, les eaux moirées, tourbillonnantes, aux inquiétantes profondeurs, d’un vert pur absolu qui rejette au néant tous les autres verts…

         Dans le bateau-accueil fréquenté par le meilleur monde, des Maîtres Queux en grand uniformes, médaillés jusqu’aux oreilles par les plus grandes confréries, composaient des plats exquis d’où l’eau était généralement exclue, arrosés d’un breuvage roboratif appelé Hélicoptère dont la composition est, malheureusement, classée « secret défense » et qui, au sortir du crachin tenace, vous rendait sec en un rien de temps…Hommage à eux…

  

         Un bonheur continu conduirait à l’ennui, inéluctablement…Revenir à l’ordinaire par une logue route. Entre deux somnolences, émerge un grand amer, la cathédrale de Chartres. Une pensée pour Péguy pour qui la mer serait un « Reposoir sans fin pour l’âme solitaire » sans l’amicale chaleur du carré…

 

 

               «  Etoile de la mer voici la lourde nappe

                   Et la profonde houle et l’océan des blés

                   Et la mouvante écume et nos degrés comptés

                   Voici votre regard sur cette immense nappe. »

 

 

         Nous sommes toujours en mer…

 

 

                     J.C.S

       

        

   

 

Par Jean Claude Simon - Publié dans : jeanclausim
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Samedi 30 juin 2007

        Demain, départ pour la Bretagne. Quelques jours de mer pour se laver l’esprit et se laisser aller à être. Etre le plus simplement du monde, sans le moindre projet autre que faire le mieux possible son modeste boulot avec les amis du bord en essayant d’en apprendre un tout petit peu plus. Le vent, les grains , la houle, les vagues, les oiseaux marins, peut-être des dauphins, la souveraine et puissante odeur de la mer…la vraie vie avec un salutaire et ressourçant silence radio, sauf en cas de nécessité navigatoire, à mille lieues des gesticulations parolières de ceux qui se croient importants…

       Belle occasion de se poser, comme les enfants, des questions d’autant plus essentielles que nous savons bien que nous n’y répondrons jamais complétement, mais si nous ne le faisions pas, de quoi aurions nous l’air ?

       A commencer par celle-ci : « Qu’ai-je fait de l’enfant que je fus ? »

      

      Heureusement, l’océan, même si nous restons au bord, nous donnera un bon coup de main !

 

 

     La prochaine fois nous irons plus loin, en suivant de parfaites loxodromies…loin des terres…

 

 

              J.C.S

 

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Vendredi 29 juin 2007

      Le printemps n’a pas été terrible et l’été, apparemment, prend bien le relais. Le solstice d’été est passé sans que nous nous en rendions compte et, si cela continue, nous allons plonger dans le noir jusqu’au solstice d’hiver…Un vrai trou noir…

      Ah ! les trous noirs quelle fascination ! Ce sont d’étonnantes aberrations qui laissent perplexes les physiciens…

       Vous savez que les étoiles, comme notre soleil, brûlent leurs gaz, en particulier l’hydrogène, dans d’inimaginables réactions thermonucléaires en dégageant d’énormes quantités d’énergie. Cette énergie dilate les étoiles. La gravitation à laquelle elles sont soumises les contracte. Tant que les gaz brûlent, l’étoile est en équilibre, mais quand il n’y a plus de carburant, la gravitation l’emporte et l’étoile s’effondre sur elle-même et sa densité devient impensable pour notre expérience ordinaire. Cette densité est tellement gigantesque que l’astre contracté engendre un champ gravitationnel assez intense pour engloutir tout « ce qui passe à sa portée ». On peut évoquer l’image d’un puit sans fond qui absorberait tout et hors duquel la lumière elle-même ne pourrait s’échapper. Un trou noir ne se voit donc pas. On peut notamment le déceler, au terme de calculs que je ne développerai pas ici, en constatant que la vitesse des astres proches s’accélère follement avant qu’ils soient dévorés par le trou noir…

      Tous les objets célestes proches d’un trou noir sont inexorablement attirés, s’y engouffrent et ne peuvent jamais en ressortir…

 

 

 

      On connaissait jusque là dans notre galaxie un seul trou noir dont la masse impressionnante équivalant à trois millions de soleils ne nous menaçait pas pour l’instant, car 30.000 année-lumières nous en séparent  (une année-lumière est la distance que parcourre la lumière en une année, à la vitesse de 300.000 kilomètres par seconde ).

 

 

 

      Or, les astrophysiciens viennent de découvrir un trou noir très proche qui, à leur grande stupéfaction, se voit énormément…

       Il serait situé tout près, dans notre galaxie, rue du faubourg Saint Honoré…

 

 

 

 

 

 

            J.C.S

 

 

 

                                                                Pour le repos des lectrices et des lecteurs, notre                                     iconographie concerne le trou noir qui ne  se voit pas.

                                                             

Par Jean Claude Simon - Publié dans : jeanclausim
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