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Vendredi 27 juin 2008

         Vocation : appel de Dieu touchant une personne, afin qu’elle vienne à Lui. Plus généralement et plus trivialement, cet appel de Dieu est devenu attirance, disposition, goût etc…Avez-vous remarqué que l’expression « avoir vocation à… »est de nos jour extrêmement employée, mais d’une manière toujours unilatérale, l’unilatéralité étant maintenant le must des démocraties avancées…

         On sait, depuis toujours, que le homard a vocation à être jeté vivant dans l’eau bouillante.

         J’entendais, à l’instant, le dir cab d’Hortefeux déclarer à propos de braves gens comme vous et moi, mais qui n’avaient pas de papiers ce qui change tout « ils ont vocation à retourner dans leur pays… »

         La vocation, c’est la clef, puisque, incidemment, Dieu est dans le coup, même si, par les temps qui courent,  Dieu, sous des formes diverses, à vocation à gonfler un peu trop ce qui reste des démocraties qui ont tant de mal à lutter contre le « terrorisme », à l’origine duquel elle sont aussi innocentes que l’agneau qui vient de s’ouvrir au monde.

        Ainsi, la télévision publique a vocation à être la voix de son maître.

        Ainsi, tout ce qui est public à vocation à être privatisé.

        Ainsi, tout ce qui ne rapporte pas, un sourire, une fleur, un poème, une gentillesse, une rêverie, a vocation à rapporter sous peine de destruction pour cause d’inutilité.

        Ainsi tout ce qui a vocation à rapporter 15% par an  a vocation à être encouragé.

        Ainsi les pauvres de plus en plus nombreux ont vocation à disparaître.

 

        Ainsi l’intelligence a vocation à disparaître au profit de la connerie…

 

 

                     J.C.S

       

Par Jean Claude Simon
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Mardi 6 mai 2008

     Depuis deux mois, je n’ai rien écrit…Je pense, en reprenant le collier, que mes chères lectrices et mes chers lecteurs s’en remettront aisément, ainsi que la littérature mondiale.

 

      J’avais abandonné, le 8 mars dernier (comme c’est déjà loin !), les gorluchons désemparés. Je les laisse. Comme le disait Françoise Giroud, il n’est pas convenable de tirer sur une ambulance, a fortiori, sur le corbillard des défuntes illusions.

 

      Est-ce que maintenant « Le vent se lève, il faut tenter de vivre… » ?

      Finalement, vivre ce n’est pas rien ! Je me demande, quelquefois, si ce n’est pas, simplement, se préparer à quitter cette pauvre planète qui n’en peut mais et sur laquelle nous sommes arrivés par hasard, avec toute la dignité dont chacun de nous est capable, après s’être efforcé de ne pas trop emmerder nos « semblables » (la réciproque est plus délicate !) et de jouir de ce que les meilleurs d’entre eux ont pensé, imaginé, créé, sans nécessairement croire que c’était pour nous…

       Vaste programme dont nous sommes l’obstacle essentiel, ce qui est fâcheux mais fait partie du jeu (et du je ).

       C’est que nous ne pouvons que ce que nous pouvons, c’est tout bête et de cela, nous nous accommodons mal, car plutôt qu’en sourire, ce qui constitue l’une des sources de l’humour, nous faisons le plus souvent comme les mouches (pas loin d’un million de neurones quand même) qui se heurtent indéfiniment à la vitre. Pour une espèce qui a inventé l’infini, cela s’appelle des limites. Certes, quelle belle idée de « dépasser ses limites », malheureusement, cela n’a pas de sens. Il s’agit, au mieux, de creuser, creuser encore, là où notre terrain nous le permet, tout en gardant la lucidité que nous sommes en mesure de maintenir à flot avant qu’elle se noie dans l’ego.

      La difficulté est peut-être moins de se battre désespérément contre ses limites, qu’apprendre à les connaître, à se les rendre familière, à en user au mieux, sans pour autant les constituer en excuses.

      Le domaine de la connerie qui appartient à tous et dont je n’ai pas l’ombre d’une raison de m’exclure est réjouissant à la fois par son intensité et son immensité qui arrive à aller bien au-delà des infinis les plus raffinés.

      Si la planète pensait, elle soupirerait en rêvant au bonheur qu’elle aurait si les primates supérieurs (ce sont eux qui le disent) avaient, chacun, autant de neurones qu’un honnête diptère…

 

             J.C.S

 

         

 

 

   
Par Jean Claude Simon
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Samedi 8 mars 2008

                   Tout émoustillé par l’approche du printemps, un Gorluchon trottinait vers le Palais sur ses petites jambes grêles, revêtu de la belle armure d’or agrémentée du Grand Cordon de la Réussite  réservé à l’Elite que ne manquait jamais d’honorer Sa Majesté. L’Elite se composait le plus souvent de notables du royaume, les Gorluchons, qui possédaient une fortune d’au moins cent millions d’écus, soit qu’ils en eussent hérité, soit, qu’ils l’eussent amassée par leur Mérite, ce que Sa Majesté appréciait beaucoup. Ils possédaient des châteaux dans lesquels le Roi ne dédaignait pas d’être reçu avec la pompe nécessaire et des vaisseaux pour les croisières particulières du Souverain un peu coquines, disait-on, et dont se régalaient les gazettes. Peu de gazetiers, en vérité, résistaient à la vanité de paraître près de Sa Majesté qui leur faisait croire, pour peu qu’ils La louangeassent, fût-ce outrageusement, qu’Elle les plaçait  au sein de l’Elite. Elle ne manquait pas, par le Grand Cordon, de s’assurer de leur zèle. Ainsi décorés, on les voyait  souvent aux repas du Roi. Une place leur était toujours réservée dans le carrosse Royal, afin qu’ils pussent faire savoir à la terre entière, surtout lorsque Sa Majesté allait visiter ses sujets, combien Elle était bonne pour le brave peuple qui ne pouvait ainsi que se réjouir d’avoir un tel Souverain. Jadis, dans la Haute Dynastie, il n’en avait pas toujours été ainsi et d’honnêtes penseurs, appelés Zintélos, n’hésitaient pas, au risque du cachot et  du billot, à s’en tenir à la simple vérité. Les gazetiers qui, sans la moindre vergogne, s’affirmaient Zintélos, respectaient, jusqu’à les singer, les Zécomistes. Cette gente là avait effrontément fait main basse sur la Science sur laquelle elle régnait sans partage. Le dogme scientifique, désormais accepté par tous, était simple et facile à entendre : tout ce qui contribue à enrichir les Gorluchons est bon pour Sa Majesté et pour le meilleur du peuple, celui qui tend à s’engorluchoner. Ceux qui, souvent en donnant dans le tortueux et en piétinant leurs pauvres frères, se voyaient déjà Gorluchons, étaient les plus enragés à défendre le dogme des Zéconomistes.

                     Devant tant de science, le bon peuple ne pouvait que s’incliner.

                     A force de trottiner comme Sa Majesté, Laquelle, entourée de gazetiers essoufflés, disait alors qu’Elle : «  Faisait son djau-guigne », le Gorluchon était parvenu dans la grande salle du Palais, là où le Roi trônait.

                     Les gazetiers avaient tellement encensé Sa Majesté, avaient tant loué ses capacités hors du commun, tant vanté sa magnificence qu’Elle s’en était trouvée étrangement Gonflée. Elle avait décidé, peut-être inconsidérément, de survoler, dans sa Gloire, le peuple, tant, comme le Lui avaient soufflé les gazetiers, elle survolait tout avec une magnifique  aisance.

                     Sous les regards ébahis du peuple qui, béat, se pressait aux portes du Palais, Sa Majesté décollant de son Trône, s’éleva dans le ciel et monta,monta…Puis, hélas, on La vit très vite suante, soufflante, hoquetante, puis Son Image s’effaça…Même les plus admiratifs crurent percevoir comme un léger bruit de bouse…

                     Pendant qu’engorluchonés de toutes espèces se déchiraient, le bon peuple se mit à songer à une vraie République…

 

                      Mais ceci, comme disait l’autre, est une autre histoire…

 

                              J.C.S

               

 

                         

              

Par Jean Claude Simon
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Dimanche 2 mars 2008

       Il m’arrive de me relire, ce qui n’est pas toujours agréable, mais je me dis, finalement,  qu’il est peut-être encore plus difficile de supporter autrui quand on se supporte mal soi-même. Ainsi, fût-elle coupable, je me réserve, en cachette, un zeste d’indulgence.

       Je n’ai rien mis sur ce blog depuis le 7 février. Je me suis demandé pourquoi. C’est que les évènements en cascade qui remplissent férocement étranges lucarnes et gazettes deviennent insupportables, en ce qu’ils n’accaparent plus guère, pour simplifier, que le cerveau reptilien, les échanges de « petites phrases » n’étant plus que des exercices de lancers de boules d’excrément, au regard de ce qui serait un échange d’une dignité minimale.

       Ce qui nous distingue ( encore ? ) du règne animal, c’est notre cortex, cette grosse partie du cerveau siège des fonctions cognitives, de la raison. Cette raison qui devrait dominer les affects, et qui, souvent, loin  de les dominer négocie avec eux tant bien que mal et qui, lorsqu’elle est submergée, nous laisse à la dérive ou dans la folie. Ce mal que nous nous donnons avec tant de peine pour nous équilibrer quelque peu, ne peut qu’être battu en brèche  par des phrases ignobles, au sens étymologique : ignobilis, non noble, indigne de la noblesse conférée à chaque personne de par sa nature d’homme  et non celle dont Valéry disait qu’elle est une propriété mystique de la liqueur séminale.

      Des phrases comme celle entendue au XIXème siècle, jetée à la face de ceux qui voulaient abolir la peine de mort «  Que messieurs les assassins commencent ! », que l’on retrouve cette semaine dans le Figaro qui franchit le mur de la honte à propos de cette histoire de peine de rétention dont le principe bafoue l’article 8 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 Août 1789 :

       « La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu’en vertu d’une loi ETABLIE ET PROMULGUEE  ANTERIEUREMENT AU DELIT, et légalement appliquée. »

      Des phrases qui traitent des hommes de monstres parce qu’ils sont criminels, ce que Dieu lui-même n’oserait pas…

      Tout cela, froidement par calcul. Flatter ainsi le peuple, c’est le traiter avec un insupportable mépris, le rabaisser par l’émotion sauvage et par la peur au seul usage de son cerveau reptilien.

 

      Qui frappe par l’ignoble, périra par l’ignoble.

 

              J.C.S

 

 

 

 

 

Par Jean Claude Simon
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Jeudi 7 février 2008

                De même que si tous les citoyens sont égaux, certains, suivant le célèbre aphorisme, sont plus égaux que d’autres, il y a les corporatismes respectables et ceux qui favorisent des nantis irresponsables nuisant gravement au pays et dont se moquent avec raison ceux qui pensent bien.

                Mais le pouvoir dans sa sagesse et sa grande impartialité est là pour que les citoyens soient objectivement égaux et pour réduire l’insolence des corporatismes. C’est me semble-t-il ce qu’on entend par « Rupture », ce puissant concept qui a rallié un peu plus de 53% des électeurs en mai dernier.

                 L’aphorisme évoqué plus haut serait-il plus impitoyable qu’il y paraît ?

                 En effet, la fameuse commission Attali ayant pointé l’essentiel des corporatismes qui empêchent notre pays d’être prospère avec ses millions de gens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, il restait avec courage et fermeté, avec, aussi un zest d’humanité mais cela allait de soi, à lutter pour le bien du pays…

                 C’est alors qu’une armée de taxis a montré son mécontentement en bloquant des grandes villes, en faisant l’escargot sur les périfs, en faisant, comme les cheminots, les profs etc…valoir ses arguments.

                 Les médias officiels n’ont pas employé la formule définitive de « prise d’otages », de privilèges, de ringardise…

                 Les CRS ont continué sagement à taper le carton en picolant dans leurs casernes…

                 Les ministres ont déserté les caméras.

                 Le Pouvoir pour hardi qu’il soit n’a point poussé jusqu’à la témérité et a dignement tenu l’un des cordons du poêle qui pendait au corbillard de la Rupture…beaucoup d’enterrements en perspective…

 

                 Au corporatisme suivant…

                

                 Ceux qui feraient un rapprochement quelconque avec les élections municipales, voire  les sondages, font montre d’une insigne mauvaise foi…

 

                  Après tout, ne pas priver le pays de sa personne vaut bien un peu d’encens à l’autel du clientèlisme…

 

                            J.C.S

 

                   

 

                  

 

                           

    

 

 

  corbillard-copie-1.jpg

Par Jean Claude Simon
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