Bienvenue !

Bonjour ! N'hésitez pas à laisser des commentaires en cliquant sur "commentaire" en bas de chaque article ! A bientôt...
Jeudi 20 mai 2010 4 20 /05 /Mai /2010 08:12

                               Temps nouveaux

 

    Nous vivions notre petite vie, d’ailleurs qu’était-ce pour nous une grande vie, sinon la nôtre ? Quelquefois, les larmes nous montaient aux yeux, sans que nous ne sachions trop pourquoi. Notre joie était ne pas avoir trop de malheurs. C’était loin d’être toujours le cas, mais l’espérance, n’est-ce pas…L’un d’entre nous que nous appelions le philosophe, nous avait dit « L’espoir fait vivre, c’est bien ce que je lui reproche… » Nous ne l’avions pas entendu.

    Nous avions sagement conduit nos enfants à l’école pour qu’ils aient moins de malheurs que nous. Pour qu’ils aient un peu plus que ce que nos parents nous avaient légué quand ils avaient regagné le cycle de l’azote, nous mettions de côté pour eux tous les sous que nous pouvions épargner. Parfois, nous allions contempler l’immensité de la mer, nous ressourcer dans la plénitude des forêts, penser à notre petitesse en marchant aux pieds d’imposantes montagnes. C’était devenu difficile. Nous pouvions encore le faire grâce à nos anciens qui avaient durement acquis ce qu’à l’époque on appelait encore des droits, une idée qui n’avait désormais plus court.

   Ils étaient parvenus, aussi, à recevoir quelques miettes des richesses qu’ils produisaient.

   Peu à peu, ces miettes devenaient de plus en plus  ténues. Nos enfants seraient plus pauvres que nous.

   Sans que nous nous en rendions compte, au nom de la Liberté, les esprits avaient été imprégnés par la bien- pensance d’En Haut. Les nouveaux objets destinés à faire les images nous projetaient dans un espace étonnant, clinquant et vide, d’où toute vraie pensée était exclue. Ainsi, ce qui aurait paru absurde à nos ancêtres simplement titulaires dès douze ans du Certificat d’Etudes, était le dogme qu’il fallait prendre pour vrai, bien que ce qui en découlât ruinât les Etats, appauvrît les pauvres et enrichît ceux d’En Haut qui ne manquaient pas d’attribuer à leur seul mérite des gains éhontés. On en voyait qui achetait du blé pour le stocker et attendre qu’il manquât pour le revendre bien plus cher avec une impudence souveraine. Qu’importaient les famines, les enfants morts de faim n’étaient pas couchés dans les statistiques officielles.

   Nous étions envahis par toutes sortes de machines qui étaient construites pour les profits qu’elles rapportaient et non pour le bien être ou le bonheur des hommes et, comme le dogme affirmait que les profits devaient être sans fin, Liberté oblige, la terre, notre si belle planète bleue, allait bientôt être épuisée, vidée de richesses cyniquement gaspillées.

   Les déchets de production en quantités industrielles envahissaient tous les espaces posant aux hommes des problèmes d’hygiène et de santé qu’ils ne savaient pas résoudre.

   On vendait l’eau qui restait dans les sources, les torrents, les rivières, les fleuves…

   On brevetait les semences rendues stériles que les paysans pauvres devaient, au moment des semailles, racheter à prix d’or pour survivre.

   Dans les mers  réduites à l’état d’égouts, les ventres blancs des poissons venus mourir à la surface formaient comme de sinistres banquises.

   Les profits, triomphants, s’accumulaient.

   Un jour, celui que nous appelions le philosophe nous lu la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui commence ainsi… « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. »…

   Nous nous regardâmes incrédules : quelle audace en 1789!

 

   Avions nous encore une chance de retrouver une vie simple et tranquille ?

 

                     Jean Claude Simon

  

 

 

  

     

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

Par Jean Claude Simon
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /Déc /2009 15:24

    Ces gens-là que peuvent-ils bien penser d’eux, si, toutefois, ils prennent le temps nécessaire pour cela ? Car ils sont très occupés. On les entend à la radio, on les voit à la télévision, on les lit dans les journaux nationaux et régionaux, éditoriaux, articles ( toujours de fond ), ils font paraître une ou deux fois l’an ce qui ressemble à un vrai livre, encensés par leurs congénères. Ils parlent des tonnes de livres qu’on leur envoie pour qu’ils en parlent et qu’ils ont lu, je suppose, avec la plus grande attention. C’est qu’ils sont savants ces gens-là, certains sortent même de l’Ecole Normale Supérieure, ce qu’ils soulignent parfois, mais avec discrétion. De plus, ils déjeunent et dînent aux meilleures tables, toujours invités. La question de leurs revenus divers et variés est bien trop vulgaire pour être posée, mais, eux, affirment haut et fort que le SMIG est excessif pour les entreprises, car il les empêche de créer les vraies richesses.

    S’ils font semblant de débattre entre eux, ils n’invitent jamais ceux dont la pensée risquerait, en faisant appel à l’intelligence et à l’éthique, de mettre à mal la doxa qu’ils enseignent au peuple depuis des décennies. Qu’ils aient dû, lorsque la crise est devenue visible de manière éclatante, se faire les chantres de ce qu’ils avaient toujours condamné, n’a en aucune façon altéré leur crédibilité. Foin du ridicule, il est vrai qu’ils ne sont pas les seuls, ils poursuivent leur règne majestueux.

    Ils sont les adeptes de la croissance, de la performance, de la productivité, du moins d’Etat, des marchés déréglementés, car il n’y a rien de mieux, pour faire des profits convenables, que les paris sur les fluctuations des prix, pétrole, blé, riz, eau pure, bientôt air pur qui permettent l’honnête spéculation dont les méthodes sont justement enseignées à HEC et autres écoles sur le mode MMPRDC (1), Make More Profit, the Reste we Don’tCare about ( faire plus de profits, le reste, on en a rien à foutre).

    Quand ils parlent de « valeurs », autres que celles, sacrées, du CAC 40 ils ne vont pas trop loin, on ne sait jamais, et puis les concepts flous en imposent toujours. A-t-on idée d’être un Afghan sans papiers ?

    Les banques reprennent leurs bénéfices, le chômage augmente, allons, tout va bien. L’essentiel est, surtout, de ne toucher à rien, jusqu’à la prochaine crise. Les banques sont trop importantes pour que les Etats les laissent choir, d’autant que leur fonctionnement est irréprochable. Ces gens-là feront comprendre cela aux chers auditeurs et téléspectateurs contribuables : leurs patrons qui ont acheté journaux, radios et télévisions, sont généralement partie prenante de ces tours de passe-passe. A noter qu’un rapport du très officiel « Conseils des prélèvements obligatoires »montre que les entreprises du CAC 40 paient 2,3 fois moins d’impôts que les PME grâce à l’ « optimisation fiscale »- qu’en termes galants ces choses-là sont dites- due aux niches fiscales et à leurs filiales dans les paradis fiscaux. Il n’en coûte à l’Etat que huit milliards d’euros. Ces gens-là expliqueront-ils, un jour, pourquoi l’Etat paye avec l’argent public les somptueux intérêts de ses dettes gigantesques aux actionnaires des banques privées ?

 

    Je suggère à ces gens-là de lire La Rochefoucauld :

    « On ne doit pas juger du mérite d’un homme par ses grandes qualités, mais par l’usage qu’il en sait faire »

 

(1)   « J’ai fait HEC et je m’en excuse »

          Florence Noiville   ed. Stock

         Jean Claude Simon

 

 

 

 

 

   

   

   

   

 

 

   

 

 

Par Jean Claude Simon
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /Nov /2009 12:07

    Ce jour, on célèbre le 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin. Les trompes sont tellement fortes qu’à moins d’être sourd, et encore, personne ne peut y couper.

     Il ne me viendrait pas une seconde à l’esprit de nier l’importance de cet événement historique, aboutissement d’un long processus remarquablement perçu, mais a posteriori comme toujours, par les « experts » de toute nature. Non plus d’oublier l’immense joie que j’ai ressentie à ce moment. Ouf ! L’horrible communisme était vaincu. C’en était définitivement  fini de ces régimes totalitaires faisant régner la terreur, l’absence de liberté, la délation, l’injustice, l’arbitraire,  pour n’aboutir qu’au règne de petits groupes d’apparatchiks se dévorant entre eux et à la pauvreté du plus grand nombre…

    Plus de choix entre l’idéal d’un communisme comme on le rêvait au XIXème siècle que son atroce dévoiement avait discrédité pour toujours et le libéralisme triomphant des Etats-Unis d’Amérique dont les symboles, les images, l’idéologie consumériste avaient déjà submergé la planète et balayé les  sociales démocraties complètement déboussolées. L’humanité entrait, enfin, dans l’age d’or !

    Maintenant, nous sommes au cœur de l’age d’or…

 

    Pourtant, pourtant, comme dans la chanson « Tout va très bien, Madame la Marquise ! » on déplore un tout petit rien…un incident…une betise…Un autre mur, triomphant celui là…Le mur de la phynance, comme disait le père Ubu présent actuellement partout…

    A quand sa démolition ?

 

               Jean Claude Simon

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Jean Claude Simon
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Vendredi 6 novembre 2009 5 06 /11 /Nov /2009 17:28

     Le monde n’est qu’énigme. Un abîme sépare comprendre de croire comprendre, mais le plus souvent je me contente de croire comprendre, ce qui constitue, selon Valéry, le péché mortel de l’esprit. Croire comprendre est reposant. J’ai fait effort pour arriver au sommet, je souffle, j’arrête de faire usage de mes forces, mais le brouillard m’a fait croire que c’était le sommet, en réalité, il est au-delà. Bien au-delà.

     Quand le brouillard se dissipe, j’entrevois les difficultés inhérentes à ma progression.

     J’accorde que la métaphore est quelque peu éculée, mais quand vous etes dans le brouillard, vous plongez dans l’énigme du monde…

     A vrai dire, il y a deux sortes de brouillard. Celui dans lequel ceux qui m’y ont plongé pensaient sûrement en tirer des intérêts de natures fort diverses et l’autre qui n’est du qu’aux limites de mes capacités.

      Faut-il se méfier des autres ? Certes non, mais il vaut mieux se situer dans les rapports de force qui ont peu à peu construit la société dans laquelle nous vivons. Savoir qu’il y a des millénaires, il y avait les guerriers prédateurs, les prêtres et les gens du commun qui grattaient la terre. Quand la démocratie arrive, les guerriers pillards s’étaient depuis longtemps emparé de la terre et des richesses qu’elle contient. L’héritage a renforcé tout cela, soutenu par les intérêts, interdits jadis par les religions. Les bourgeois « révolutionnaires », mais déjà capitalistes, ont remplacé la force par l’argent. Les prêtres se sont mis du bon coté, les gens du commun se sont divisés en entrepreneurs et travailleurs. Il reste les capitalistes qui font fructifier de façon éhontée leur capital, les chefs d’entreprise, les plus gros, en profitent, quant aux travailleurs, les mieux dotés ont juste de quoi vivre. Les capitalistes alliés aux entrepreneurs font les lois et les systèmes fiscaux qui renforcent leurs richesses, partant, leur pouvoir. Ils répandent sur les travailleurs un brouillard subtil et efficace pour les persuader qu’ils oeuvrent dans leur intérêt, et, qui plus est, au nom de la morale républicaine ! Les travailleurs qui restent dans le brouillard votent pour eux. D’une certaine manière, c’est beau comme l’antique…Salut les artistes !

     L’autre brouillard c’est autre chose. Ma présence au monde et ce que je suis venu y faire n’est pas tout à fait une mince affaire. Je viens de lire quelque part que pour celui qui n’a qu’un marteau, tous les problèmes prennent la forme d’un clou. C’est exactement ça. Pour comprendre le monde, un marteau ne suffit pas, même si pour les répandeurs du premier brouillard cela suffit largement. Je me construis des bazars impossibles pour aller un petit peu plus loin dans la résolution de l’énigme, mais à chaque fois je m’aperçois que je n’ai pas résolu grand-chose.

     C’est peut-être cela vivre.

 

        Jean Claude Simon

    

 

    

 

 

 

 

 

 

Par Jean Claude Simon
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /Nov /2009 16:32

      Enfin novembre ! Cela nous manquait. Nous pouvons rester tranquillement  au coin du feu et méditer tranquillement, car «  Que faire en un gîte à moins que l’on ne songe ? »

      Surtout, fermer soigneusement les écoutilles. Ne rien  lire, ne rien écouter de ce que ces hommes qui croient avoir été importants, et qui, hélas,  en sont toujours persuadés, écrivent ou disent de leurs turpitudes politiques. Ecoeurement total. Mépris définitif pour ces prébendiers sordides. Ne rien lire, ne rien écouter de ceux dont le fond de commerce est constitué par le commentaire de ces turpitudes.

      Ne pas croire ces histrions qui se disent « économistes » et qui vous affirment que les dysfonctionnements, certes léger du système capitaliste ont été gommés, que le printemps est là, bien palpable au bout du tunnel et que nous allons être bénéficiaires des bienfaits du dit système. Fieffés menteurs ou imbéciles ?

      Laisser les gros nuages noirs les faire tous disparaître à jamais.

      Rentrer en soi, même si le ciel n’y est pas toujours d’une intense clarté.

      Lire écrivains, philosophes, essayistes qui peuvent nous assister dans notre quête si rude du sens de notre existence infinie et limitée.

      Entendre la musique de ceux qui adouciront ce sens et feront naître sur nos lèvres un sourire, même pale et mouillé de larmes.

 

        Jean Claude Simon

 

 

 

Par Jean Claude Simon
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés